Coronavirus : l’Afrique face à la pandémie des fake news
Coronavirus
Depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19, une épidémie d’informations contradictoires et de désinformation manipulée se propage aux quatre coins du globe. Si l’Afrique est jusqu’ici le continent le moins touché par le virus, elle ne résiste pas à la fièvre des fake news.
Moins d’un mois après avoir exprimé son « respect » à l’égard de son homologue chinois, Xi Jinping, pour « ses efforts » et « sa transparence » dans la gestion de l’épidémie de Covid-19, Donald Trump a donc décidé de punir l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en la privant de la contribution annuelle des États-Unis, laquelle s’élève à près de 900 millions de dollars.
Ce qu’officiellement Donald Trump reproche au patron de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, c’est son supposé « chinocentrisme » (sic), lequel l’aurait incité à relayer complaisamment le narratif de Pékin sur l’apparition et la propagation du virus, au point de transformer la WHO (World Health Organization, acronyme anglais de l’OMS) en une CHO (China Health Organization).
Certes, le directeur général de cette agence spécialisée de l’ONU a sans doute trop aisément avalisé et répercuté les explications chinoises initiales sur la nature, l’ampleur et le contrôle de la pandémie – y compris sur « l’absence de preuve » quant à la transmission humaine du virus. Le fait qu’il doive en partie son élection en 2017 au soutien de la Chine est sans doute l’une des clés de cette proximité.
Le caractère irresponsable de ce caprice potentiellement meurtrier en plein cœur d’une pandémie dévastatrice n’échappant à personne, si ce n’est aux quelque 44 % d’Américains qui s’obstinent à approuver son action en cette fin avril, intéressons-nous à sa rationalité.
Une rumeur inarrêtable
Le premier Africain à diriger l’OMS est en réalité la victime collatérale de la formidable guerre médiatique à laquelle se livrent les dirigeants américain, chinois et russe sur fond de pandémie. Ce que Tedros lui-même appelle l’ « infodemic » – l’épidémie d’informations contradictoires – se mêle à la désinformation manipulée, pour en définitive contaminer la planète entière à l’instar du Covid-19. À cette différence près que, dans la jungle inextricable des réseaux sociaux, le seul geste barrière qui compte, à savoir le niveau d’éducation, est la chose la moins bien partagée au monde.
ANSI